Quand dame « Démocratie » écrit une lettre à son « Gouvernement »

Mon cher et beau Gouvernement

C’est moi, ta femme Démocratie. Tu sembles ne plus me connaître. A l’époque où tu me faisais la coure tu citais mon nom partout ! Démocratie par ci, Démocratie par là!  Ah le bon vieux temps! Depuis que nous nous sommes mariés, il y a de cela 11 ans, soit en 2006, j’éprouve à présent le besoin de t’écrire cette lettre, car les messages à ton sujet sont nombreux dans ma boîte aux lettres. Je constate que tu n’as pas de temps pour moi, occupé à te battre contre tes rivaux, ceux de la famille Activiste et Opposant.

Tiens ! En parlant de tes rivaux, j’aurais appris que tu as emprisonné certains membres de la famille Activiste. Je t’en prie mon cœur, libère-les, car ils ne sont pas mes amants, ils sont plutôt mes amis. Ils me protègent et me défendent. Quand je suis en grand danger, c’est eux qui prennent le volant de ma défense. Ils sont sur tous les fronts, des négociations pacifiques aux protestations publiques. Plusieurs d’entre eux y ont laissé de leur peau pour moi. Outre cela, alors qu’ils sacrifient leur vie pour ma défense tous les jours, toi tu passes ton temps à faire la cour à ta concubine, la demoiselle Dictature. Tu crois que je ne suis pas au courant ! Détrompe-toi et libère-les, car sans eux je n’existerais que de nom. Libère-les même en mon nom.

J’ai aussi appris que tu as engagé Pouvoir comme ton conseiller principal. Je te rassure mon ange, ce n’est pas un bon choix, c’est un flatteur. Il va te bercer les oreilles par des belles paroles, des éloges que tu ne mérites même pas, pourvu que tu restes près de lui longtemps. Pense au sort de tous ceux qui l’ont utilisé comme conseiller, pense à tes ancêtres, pense à tes voisins emprisonnés à La Haye, pense à notre avenir. Je suis sûre que c’est encore lui qui te conseille de courir derrière cette femme de joie, dont je t’ai parlé en haut, la demoiselle Dictature. Pour ton information, tous les gens qui sont sortis avec cette femme sont morts du Sida (Soulèvement inattendu désavouant les autorités).

Comme je t’aime vraiment de tout mon être, je vais te rendre un service énorme. Je t’enverrai dans un avenir proche ma tendre amie, dame Alternance, c’est une bonne conseillère très expérimentée. Pour preuve, récemment, elle a aidé ton cousin GoodLuck (celui qui se faisait tout le temps battre par Boko Haram) à sauver sa famille et aujourd’hui il est félicité de tous. J’espère que vous vous entendrez bien. Pends en considération mes conseils et tout ira bien pour nous et notre famille. Je t’aime.

Ta tendre épouse, Démocratie

Par Lemien SAKALUNGA

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Une réflexion sur “ Quand dame « Démocratie » écrit une lettre à son « Gouvernement » ”

  1. J’aime bien la manière originale dans laquelle vous abordez le thème de la démocratie. Cette letter accentue vraiment l’importance du mariage entre la démocratie et le gouvernement.

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